Comment limiter la présence de micropolluants dans son logement ?

En attendant une législation plus ferme, le moins polluant des micropolluants est celui que nous n’utilisons pas ! Alors lutter à notre niveau contre les micropolluants, c’est :

  • se passer des produits inutiles : eau de javel, bain mousse, bloc WC, désodorisant, papier WC parfumé et imprimé… ;
  • utiliser des produits plus respectueux de l’environnement : labels écologiques de confiance, ingrédients simples et biodégradables, produits fait-maison ;
  • doser au plus juste : éviter la surutilisation, respecter le dosage indiqué sur l’étiquette ;
  • aérer les pièces chaque jour.

 

 

Comment savoir si un produit est respectueux de l’environnement ?

Apprendre à lire les étiquettes n’est une mince affaire. Les flacons regorgent d’informations, certaines très utiles et d’autres purement marketing.

les pictogrammes de danger : ils nous indiquent la dangerosité du produit. 

les consignes de sécurité : elles sont un bon indicateur également du degré de dangerosité du produit « rincer les yeux abondamment », « ne pas avaler », « porter des gants », « appeler un centre anti-poison »…

les ingrédients :  la réglementation impose un affichage intégral de la composition des produits cosmétiques, ce qui n’est malheureusement pas le cas des produits d’entretien. De façon générale sur les produits de d’hygiène et de beauté, préferez les prodduits aux listes d’ingrédients courtes et avec des noms en latin (d’origine naturelle). 

Il existe des applications pour vous guider dans vos achats : Yuka, INCI beauty, Que choisir Cosmetic, Clean beauty…

Les labels écologiques : avec des niveaux d’exigence variables, les labels officiels sont un gage de confiance. Même s’ils ne sont pas parfaits ni garants d’un produit exempt de toute molécule suspecte, ils permettent de fixer des seuils et de garantir des modes de fabrication plus respectueux de l’environnement et/ou des hommes. C’est l’assurance de faire un geste important pour l’environnement. 

 

 

Quels sont les labels écologiques officiels ?

Les produits ecolabellisés contribuent au respect de l’environnement tout en étant aussi efficaces que les produits « classiques » et sont vendus à des prix identiques pour la majorité.

Il existe de nombreux labels environnementaux, publics ou privés, attestant de différentes caractéristiques concernant les produits.

ecolabel européen

Ecolabel Européen

Le seul label écologique officiel européen. Il répond à une approche globale prenant en compte le produit dans l’ensemble de son cycle de vie (extraction des matières premières, fabrication, distribution, utilisation, réparation, recyclage) par une approche multi-critères (exigences strictes en matière de biodégradabilité pour limiter les impacts sur l’environnement aquatique, limitation de certaines substances dangereuses pour la santé humaine, quantité d’emballages limitée).

nf environnement

NF Environnement

C’est l’écolabel français. Il atteste de la conformité des produits ou services aux exigences définies dans des cahiers des charges et qui portent sur la qualité d’usage et la qualité environnementale des produits (limitation de certaines substances dangereuses pour la santé humaine et nocives pour l’environnement aquatique, limitation de la quantité des emballages, efficacité du produit).

ange bleu

Ange Bleu

C’est l’écolabel allemand. C’est le plus ancien écolabel en Europe (créé en 1978).

nordic swan

Nordic Swan

C’est l’écolabel des pays d’Europe du Nord (Islande, Suède, Norvège, Danemark, Finlande) : limitation de certaines substances dangereuses pour la santé humaine, limitation des émissions de gaz à effet de serre lors de la fabrication du produit, utilisation de matières premières renouvelables, coton issu de l’agriculture biologique, bois issu des forêts gérées durablement…

ecocert Ecocert « Ecodétergents » // Ecocert « Cosmétique Écologique » //Ecocert « Cosmétique Écologique et Biologique » //Ecocert « Peintures »

Attention aux faux labels et aux annonces trompeuses du type « Formule verte » ou « biodégradable ». Ces produits ne sont pas forcément conseillés ; ils peuvent contenir des substances comme des colorants, parfums, stabilisateurs, etc.

 

 

Quels produits alternatifs à utiliser à la maison ?

Il faut avant tout favoriser les actions mécaniques pour éviter au maximum d’utiliser des produits chimiques : une ventouse pour déboucher les éviers, un peigne pour enlever les poux, une aération pour un air sain et renouvelé.

En sus des produits écolabelisés, gage de respect de l’environnement, quelques produits naturels et biodégradables suffisent à effectuer nos tâches quotidiennes et à conserver un domicile sain et propre : savon noir, vinaigre d’alcool, bicarbonate de soude

Ces produits sont disponibles en grandes surfaces, pharmacies, magasins bio ou magasins de bricolage. Ils sont efficaces et peu coûteux, contrairement aux produits d’entretien classiques trop agressifs pour la maison, l’environnement et responsables de nombreuses allergies.

 

Pourquoi ne pas adapter les stations d’épuration ?

L’adaptation des stations d’épuration, même si c’est une solution indispensable, est coûteuse pour les collectivités territoriales et donc pour les citoyens, cela impacterait directement le prix de l’eau. De plus, il faut prendre en compte le temps d’adaptation et de mise à niveau, ainsi que le fait que certains micropolluants sont peu connus, et donc que cette solution ne pourrait être que partielle.

Les recherches ont montré qu’il est possible de réduire les émissions en micropolluants des stations de traitement des eaux usées, soit en optimisant les procédés existants, soit en ajoutant un procédé de traitement complémentaire. En augmentant par exemple la concentration des boues ou encore la durée d’aération dans les bassins. Des gains limités, mais non négligeables ont ainsi été observés, en termes de rendement et de diminution des concentrations au rejet (de 10 à 30%).

Une fois cette étape passée, certains micropolluants résistent encore. Des traitements complémentaires (traitement tertiaire) peuvent alors être mis en place :

  • l’ozonation : l’ozone est un puissant oxydant permettant la dégradation de substances chimiques présentes dans les mélanges gazeux et liquides
  • L’absorption sur du charbon actif en grain : sa structure poreuse permet l’absorption d’une large gamme de micropolluants
  • Les procédés d’oxydation avancée : peroxyde d’hydrogène et ultra-violet en association avec l’ozone pour intensifier l’oxydation

Des études ont été réalisées à l’échelle pilote semi-industrielle. L’ozonation et le charbon actif en grain ont donné de très bons résultats : plus des 2/3 des micropolluants organiques étudiés ont été éliminés avec un rendement supérieur à 70%.

Les chercheurs ont également réalisé des évaluations économiques des équipements de traitement : contraintes techniques d’exploitation, mais aussi des coûts de fonctionnement et d’investissement. Ainsi, l’ozone utilisé seul semble la solution la moins coûteuse, quelle que soit la taille de la station. Mais cela impacterait directement le prix de l’eau.

 

 

Comment fonctionne une station d’épuration ?

On dénombre plus de 19000 stations d’épuration en France qui traitent plus de cinq milliard de mètre cubes d’eaux usées. Une station d’épuration traite les eaux usées, c’est à dire les eaux « sales » (domestiques, pluviales). Il existe plusieurs mécanismes d’épuration et de traitement de l’eau. Le choix du type de station d’épuration dépend de la taille de la collectivité, de la nature, qualité sensibilité, des caractéristiques du réseau d’assainissement, des coûts d’investissement et de fonctionnement.

Pour les grandes agglomérations, il s’agit de stations d’épuration à boues activées. Elles assurent le traitement biologique des eaux usées. Ces boues consistent à favoriser le développement de bactéries épuratrices, les boues, dans un bassin brassé et aéré, alimenté en eau à épurer.

Il y a en amont de ces boues plusieurs filtres mécaniques bloquant les différents objets et particules présents dans les eaux. On les appelle les dégrilleurs. Les eaux circulent ensuite dans plusieurs bassins afin de séparer l’eau des sables, huiles, gaz et autres particules.

Les eaux traitées sont ensuite rejetées en milieu naturel, dans les rivières, lacs et puis rejoignent les différentes étapes du cycle de l’eau.

Les boues sont ensuite réutilisées pour produire de l’électricité (méthanisation) ou pour l’épandage.

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