Toxiques pour l’environnement…

danger environnement

La présence de certains micropolluants dans les milieux aquatiques naturels perturbe les écosystèmes (raréfaction de certaines espèces) par différents effets toxiques. Certains ont notamment des effets sur la sexualité et la reproduction des poissons, perturbant l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Les études menées montrent qu’il y a un lien entre les traces de substances hormonales solubilisées – comme les oestrogènes contenus dans les pillules contraceptives – et le décalage d’équilibre des sexes de certaines espèces de poissons où les mâles se « féminisent » jusqu’à produire moins de sperme, et au lieu de cela, commence à produire des œufs. A long terme, ce type d’effets peut entraîner une diminution des tailles de population, ce qui peut avoir des implications induites sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Lorsqu’un poisson mange une algue ou une plante aquatique, qu’il est lui-même mangé par un poisson prédateur et que nous consommons ce poisson, nous absorbons et cumulons alors ces micropolluants.

 

Dangereux pour la santé

danger sante

De nombreuses molécules sont allergènes et peuvent s’avérer dangereuses pour l’homme. Certaines molécules sont soupçonnées de provoquer des perturbations endocriniennes, des cancers, des troubles hormonaux ou neurologiques. De plus, les bactéries deviennent de plus en plus coriaces et résistantes à ces micropolluants, ce qui peut devenir inquiétant pour l’avenir.

Certains PCB, métaux (Cd, Pb), médicaments, pesticides, alkylphénols ou encore le TBT (massivement utilisé dans les années 60-70 comme pesticides mais aussi dans le traitement des coques de navires) ou le DEHP, sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Il faut certainement être vigilant sur les plastifiants, les biocides et les détergents. Mais cette problématique de perturbation est ambiguë car beaucoup de facteurs peuvent entrer en compte.


Qu’est-ce que l’effet cocktail ?

L’effet cocktail désigne l’effet néfaste de la combinaison de plusieurs micropolluants qui individuellement, ne sont pas nécessairement dangereux. En effet, certaines molécules combinées modifient leurs structures et peuvent ainsi s’avérer extrêmement nocives.

 

Quels sont les types d’effets toxiques ?

De façon générale, on distingue deux types de toxicité :

  • la toxicité aigüe, lorsque le polluant cause la mort ou des désordres physiologiques importants après l’exposition
  • la toxicité chronique, lorsque le polluant cause des effets irréversibles à long terme par une absorption continue de petites doses de polluants ou des effets cumulatifs

On distingue également deux types d’effets toxiques :

  • à seuil de dose, quand les dommages sur un organisme apparaissent au-delà d’une certaine dose
  • sans seuil de dose, qui désignent des effets de micropolluants pouvant agir quelle que soit la dose. Cette catégorie regroupe les produits CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques)

Le degré de toxicité d’un polluant dépend de la toxicité de la substance, de la stabilité de la substance dans l’environnement (persistance, rémanence, dégradation abiotique), de l’exposition, et des voies de pénétration, de la quantité et la durée d’exposition.

Il existe ainsi de nombreux effets toxiques :

  • Cancérigène : erreur de multiplication des cellules
  • Mutagène : apparition de caractères héréditaires nouveaux
  • Reprotoxique : toxique pour la reproduction (stérilité, fécondité)
  • Neurotoxique : perturbation du fonctionnement ou du développement des cellules
  • Tératogène : apparition de malformations congénitales
  • Perturbation endocrinienne : perturbation du système hormonal)
  • Immunotoxique : baisse de la protection immunitaire

 

Un impact économique non négligeable

danger euros

En milieu urbain, les habitants contribuent quotidiennement et de façon non négligeable au rejet des micropolluants par la consommation de :

  • produits d’entretien (eau de javel, produit vaisselle, lessive, désodorisant, détachant, détartrant, décapant, peintures…)
  • cosmétiques (gel douche, savon, shampoing, lait corporel, crème solaire, déodorant, denti-frice, mascara, rouge à lèvre, fond de teint…)
  • médicaments (paracétamol, aspirine, antibiotique, œstrogènes, anticancéreux…)
  • pesticides

Ce sont des molécules souvent complexes et d’origine synthétique. S’y ajoutent évidemment les rejets de diverses activités économiques artisanales ou industrielles, l’entretien des espaces verts, les rejets hospitaliers, industriels et agricoles en zones rurales, etc.

Des solutions innovantes se développent lentement pour éliminer certaines substances dans les stations d’épuration; certains pays sont même assez avancés telle que la Suisse. Mais s’il est techniquement possible de traiter les micropolluants avant leur rejet dans le milieu naturel, ces opérations sont très coûteuses et ne régleront qu’une partie du problème. De façon générale, comme on peut le constater sur la problématique des déchets au niveau mondial, il est évident que nous gagnerons tous à les réduire à la source. 

 

Quels sont les impacts de mes produits d’entretien ?

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Les composants peuvent s’avérer nocifs pour les surfaces traitées (nettoyants surpuissants, multi-usages). Une surutilisation de produits désinfectants, à base d’eau de javel par exemple, rend les bactéries plus coriaces.

Ils sont aussi nocifs pour la santé car ils contiennent de nombreux allergènes (parfums synthétiques, composés complexes).

Enfin, une fois rejetés dans le réseau d’eau, ils perturbent les écosystèmes de poissons, crustacés, coquillages, végétation aquatique et perturbent ainsi l’ensemble des êtres vivants de la chaîne alimentaire.

Un autre problème est l’émission de composés organiques volatiles (COV) qui polluent l’air intérieur et influent sur la qualité de vie, notamment sous l’effet de la chaleur.

 

Que contiennent mes produits cosmétiques ?

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Leur usage semble anodin tant ils font partie de notre quotidien : gel douche, savon, shampoing, lait corporel, crème solaire, déodorant, dentifrice, mascara, rouge à lèvre, fond de teint… Ils sont pourtant truffés de substances chimiques (parabènes, nitromuscs, muscs polycycliques, filtres UV…) qui, individuellement ou en mélange, peuvent avoir des effets toxiques pour l’environnement et la santé humaine.

Si la prise de conscience du public sur cette problématique est mesurée, on note aujourd’hui un déficit d’information avec des sources parfois contradictoires. De plus en plus, la société civile en appelle aux autorités pour guider et encadrer l’usage de ces substances dans les produits de consommation courante.

reseau eau

100% des produits cosmétiques utilisés pour l’hygiène de rinçage (shampoings, gels douches, dentifrices, masques…) sont collectés au travers de nos baignoires, douches et lavabos et finissent leur cycle de vie dans les réseaux d’eaux usées. Le cycle de l’eau étant bouclé, ces polluants non traités dans les filières conventionnelles sont dès lors présents à l’état de trace en continu dans l’environnement. Notons de plus que 15% des produits absorbables (crèmes, sérums, huiles) suivent le même circuit.

Aujourd’hui, ces molécules sont soupçonnées par certains experts de provoquer des perturbations endocriniennes pouvant mener jusqu’à certains cancers (seins, fois, testicules, prostate…), documentés par de nombreux cancérologues.

 

Comment les médicaments polluent-ils l’eau ?

visuel_produits_pharmaceutiques

Il semble compliqué d’imaginer notre société sans eux : les médicaments nous aident à prévenir ou à soigner les maladies, pour les humains comme les animaux.

Paracétamol, aspirine, antibiotiques, œstrogènes, traitements spécifiques… Une partie de ces substances actives n’est pas absorbée et métabolisée par l’organisme et est rejetée par les urines et les selles directement dans les WC.

Des traces de ces produits rejoignent ainsi le cycle de l’eau. Les méthodes actuelles de traitement des eaux ne peuvent pas éliminer entièrement toutes ces substances. De plus, d’autres émissions peuvent résulter de fuites dans les égouts, ou de débordements des bassins d’orage lors des fortes chutes de pluies.

Les résidus pharmaceutiques provenant de l’utilisation vétérinaire rejoignent quant à eux directement les sols et eaux de surface, principalement par l’épandage de lisier qui condense tous les excréments.

 

Quels sont les effets des médicaments sur l’environnement ?

Leurs concentrations sont quasiment infinitésimales. Si la plupart des médicaments retrouvés dans les eaux le sont à des concentrations inférieures à leur taux de toxicité, il faut prendre en considération leur multiplicité. En effet, si pris individuellement ils ne présentent aucun risque, leur combinaison pose éminemment problème, on parle encore ici d’effet cocktail.

Le premier risque est facilement mesurable, et fréquemment observé puisqu’il induit des changements hormonaux sur la faune aquatique.

visuel pollution poisson

Mais au-delà, on constate aussi une résistance accrue des bactéries aux produits pharmaceutiques, en raison de leur exposition permanente à ces traces persistantes.

L’OMS, sur la base des connaissances actuelles, ne juge pas utile l’édiction de normes sur l’eau potable pour les résidus médicamenteux.

 

Les pesticides de mon jardin sont-ils réellement dangereux ?

visuel produits pesticides

La France compte 17 millions de jardiniers amateurs, qui achètent régulièrement des plantes, du terreau, des engrais, des pesticides. Parmi les micropolluants organiques se distinguent notamment les pesticides, ou biocides, ou substances phytopharmaceutiques, dont les propriétés toxiques sont utilisées pour lutter contre les organismes nuisibles :

  • les « mauvaises herbes » (herbicides)
  • les insectes (insecticides)
  • les champignons (fongicides)
  • les gastéropodes (molluscicides)

Les pesticides se retrouvent dans l’eau par ruissellement et lessivage des sols dans lesquels ils s’accumulent. Certaines substances sont susceptibles d’être présentes à plus haute dose au sein des tissus des organismes aquatiques (ex : moules, poissons), c’est la bioaccumulation. Elles sont alors ingérées via l’alimentation.

Tous se retrouvent dans l’environnement et sont particulièrement toxiques pour les écosystèmes et notre santé.Sans compter les insecticides contre les moustiques, les puces ou les tiques de nos animaux domestiques, qui eux aussi, se retrouvent sur nos sols, nos vêtements ou nos mains.

 

Comment limiter l’impact des micropolluants?

Un meilleur traitement en station d’épuration est évidemment souhaitable. Mais s’il est techniquement possible d’éliminer certaines substances dans les stations d’épuration, ce sera aussi très coûteux d’équiper les usines. Cela se répercutera directement sur le prix de l’eau.

En attendant une législation plus ferme, le moins polluant des micropolluants est encore celui que nous n’utilisons pas !

Alors lutter à notre niveau contre les micropolluants, c’est :

  • se passer des produits inutiles : eau de javel, bain mousse, bloc WC, désodorisant, papier WC parfumé et imprimé…
  • utiliser des produits plus respectueux de l’environnement : avec un label écologique ou des produits naturels et biodégradables
  • doser au plus juste : éviter la surutilisation, respecter le dosage indiqué sur l’étiquette

En somme, il faut consommer moins et mieux.

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